samedi 10 mars 2007

Rapport d’Etape des activités du Théâtre du Bout du Monde

Introduction

Depuis 2005, le Théâtre du Bout du Monde met en œuvre un projet global à vocation territoriale sur le quartier du Petit Nanterre.
Une des phases du projet a vu le jour avec l’organisation de la semaine de la femme, intitulée pour l’occasion « méli mélo [d’elles] », en collaboration étroite avec tous les acteurs socioculturels du quartier.
Ce projet est une étape essentielle et nous le pensons réussie quant à nos objectifs initiaux, et porteurs d’espoir pour les étapes à venir.
Par vocation, nous sommes avec ce projet, au service de cette population. Pour parvenir à nos fins, nous avons cherché à favoriser les connexions avec ces partenaires sans vouloir tout fédérer. Nous cherchons avant tout à capter les publics, à permettre par la rencontre de croiser les différentes ''catégories'' de personnes.
En ce qui concerne les ateliers que nous dirigeons, nous partons d’un thème commun : l'ABC de TARDIEU. Chacun le déclinant sur son mode.

La semaine de la femme au Petit Nanterre

Méli mélo [d’elles]


1. Origine du projet :
En janvier 2007, nous avons réuni tous les acteurs locaux du quartier avec lesquels nous étions déjà en contact afin de relancer l’idée de préparer et coordonner un événement commun autour de la journée de la femme, le 8 mars. C’est alors installé un dialogue entre le Service Jeunesse du Petit Nanterre, le Centre socioculturel des Canibouts, le Centre social Valérie Méot, le GAO, l’association ZY’VA, l’association NAHDA, le CASH et le Théâtre du Bout du Monde, qui a permis de mettre en place une programmation sur toute une semaine.

2. Les enjeux repérés :
· Construire un événement autour du thème de la journée de la femme (aborder les thèmes de discrimination, d’égalité des chances, etc.)
· Valorisation du rapport famille / enfant
· Faire que les structures socioculturelles en place dans le quartier travaillent en partenariat
· Réunir les publics de chacune de ces structures
· Dépasser le clivage géographique et social des habitants du Petit Nanterre
· Valoriser les habitants en leur permettant de mettre en avant le travail effectué dans les ateliers (femmes en cours d’alpha, jeunes du quartier, Cash, habitants,…)
· Donner une cohésion, relier les histoires autour d’événements ponctuels.

3. L’ événement
Le quartier du Petit Nanterre a pu ainsi accueillir la Semaine de la femme du 6 au 9 mars 2007; au cours de laquelle diverses manifestations sont regroupées sous le générique « méli mélo (d’elles) ». Autour du 8 mars, journée de la femme, il s’agissait de réunir la population d’un quartier autour d’événements culturels (théâtre, projection, danse, marionnettes,…), mettant en scène des problématiques liées à la place de la femme dans la société ou encore permettant à ces femmes de prendre la parole en montant sur scène. Cela a été un rendez-vous important pour le quartier puisque ce projet s’est construit sur une collaboration entre plusieurs infrastructures relais du Petit Nanterre. En travaillant au plus près des habitants nous cherchons à dépasser le clivage des cités (Canibouts / Pâquerettes, notamment) en franchissant les frontières symboliques.

4. Programme :
Mardi 6 mars
14h > Projection du film « Bread and Roses » (« Du Pain et des Roses ») de Ken Loach, 200, UK ; suivi d’un débat s’ouvrant sur le propos du film, soit les femmes dans la clandestinité > Centre social Valérie Méot
Mercredi 7 mars
13h30 > Théâtre (atelier de femmes) > Centre socio-culturel des Canibouts
14h > Déambulation mêlant théâtre et capoeira (jeunes du quartier), départ du Centre socio-culturel des Canibouts, arrivée à la Maison des Jeunes du quartier du Petit Nanterre
14h30 > Théâtre (atelier enfants, atelier du Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers, atelier des femmes de l’association NAHDA) > Maison des Jeunes
16h > Danse (atelier danse orientale du Centre social Valérie Méot > Maison des Jeunes
Jeudi 8 mars
14h > Théâtre (atelier CASH) > Association ZY’VA
14h30 > Théâtre Forum, encadré par la compagnie Arc-en-Ciel, suivi d’un débat > Association ZY’VA
Vendredi 9 mars
17h30 > Marionnettes (atelier des classes maternelles des écoles La Fontaine et des Pâquerettes) > Centre socio-culturel des Canibouts



5. Récolte de données quantitatives sur les publics présents et participants de chaque structure :

Atelier alpha des Canibouts : 7 personnes sont passées devant le public le mercredi 7 mars à 13h30 aux Canibouts (6 femmes + 1 homme), sur 14 personnes présentes au cours. Film du mardi 6 à Valérie Méot : 9 personnes + 3 accompagnatrices. A ZY'VA le jeudi 8 : 7 personnes + 3 accompagnatrices

Centre socioculturel des Canibouts : 15 enfants ont participé pendant les vacances de février à la construction d’un spectacle représenté le 7 mars (théâtre et capoeira). 24 enfants présents sur la journée du 7 mars, spectateurs et participants. Pour assister au spectacle des marionnettes du 9, il y avait 6 enfants de l'aide aux devoirs.

Atelier marionnettes : Sur la journée du 9 mars, 3 groupes des écoles (2 des Pâquerettes, 1 de la fontaine), représentant en tout 34 enfants manipulant les marionnettes + 1 groupe d'enfants spectateurs (la fontaine) d'une dizaine d'enfants. 3 mamans et les enseignantes ont participé activement à la représentation.

CASH : 15 personnes environ sur le mercredi et jeudi, dont 5 personnes en représentation + Emmanuel, Pascal, Margaret, acteurs du quartier.

Nahda : Une vingtaine de personnes sont venues assister à la projection le mardi 6 mars au Centre social Valérie Méot. Le mercredi 7 mars, à la Maison des Jeunes, une dizaine sur scène, une dizaine spectatrices. Personnes présentes à ZY'VA mais pas quantifiées.

ZY'VA : Pour le théâtre forum, 7 personnes sont venues sur scène sur 12 participantes repérées (18 normalement dans les ateliers). Au déjeuner du jeudi, il y avait une cinquantaine de personnes, et environ 70 présentes à la représentation.

Maison des Jeunes : A noter qu’il y avait 80 places assises à la Maison des Jeunes le mercredi 7 mars et que de nombreuses personnes étaient debout. Il y a également eu une rotation du public (départ et arrivée), lors du passage des petites danseuses orientales. En tout plus de 100 personnes ont transité dans cette salle.


6. Observations qualitatives, points positifs et négatifs
Cette édition de la semaine de la femme a été vécue comme prometteuse par l’ensemble des partenaires. L’objectif de rassembler les publics de chaque structure autour d'événements sur toute la semaine est atteint.
Il a été noté une évolution positive de l’efficacité des actions pour la majorité des partenaires : plus de participation, plus de tolérance (envers les publics « différents »), plus d’implication des habitants et des publics des structures et surtout, une envie de renouveler ce type de rendez-vous.
Cet événement suscite manifestement la curiosité des uns et ouvre des appétits aux autres. Prenons en exemple le travail parallèle conduit avec les femmes d’une part et les enfants de l’autre. Ces juxtapositions centrées sur une thématique commune renforcent visiblement le plaisir pris à échanger, à se rencontrer.
Le moment théâtre forum le jeudi à Zy’va a permis la mise en évidence des rôles disparates des filles et des garçons au sein d’une famille, d’une fratrie et dans la vie. Ce type d’action permet de travailler la question de l’identification des rôles de l’homme et de la femme, au travail comme au sein du foyer. En associant cette forme avec les situations théâtrales présentées par le CASH, nous avons mis en évidence la volonté de modifier et faire évoluer les mœurs, en agissant pour l’égalité entre femmes et hommes.
L’un des objectifs du projet passe aussi par une réappropriation de l’espace public. La déambulation du mercredi traversant le quartier, ouvre un chemin, une voie.
Quelques ajustements devront toutefois être effectués afin de bien prévoir la place de chacun dans l'organisation des ces rencontres.


Les ateliers

1. Les ateliers de marionnettes
L’année scolaire 2006-2007 a été l’occasion d’une collaboration entre le Théâtre du Bout du Monde et les écoles maternelles des Pâquerettes et de La Fontaine. Cette action prolonge ainsi le travail entrepris par la compagnie sur le quartier au sein de l’institution scolaire, touchant un public pas forcément présent dans les autres structures socioculturelles du quartier.
Le choix de la marionnette s’est rapidement précisé par les multiples avantages pédagogiques qu’elle offre : objet connu et familier des enfants, il permet à la fois une projection du « moi » vers l’extérieur et de s’y identifier.
Ces ateliers ont pour objectifs :
· la présence des artistes dans l’école et le quotidien des enfants
· la création et manipulation des marionnettes dans la représentation de soi et du corps
· contribuer au projet pédagogique des écoles en faisant rentrer les parents dans l’école
· Contrer la partition géographique et symbolique du quartier qui se manifeste également autour des deux écoles en les faisant se rencontrer
Pour installer ce dispositif, nous avons invité une artiste indépendante, Virginie Berland (compagnie « mes dix doigts ») à rejoindre la compagnie. Elle a pu proposer un projet pédagogique aux deux écoles fonctionnant sur deux temps : un premier semestre abordant la construction, les formes, le jeu et la représentation autour de l’intime et se réalisant par une mini-tournée dans différents lieux (intérieur de l’école, échange entre les écoles, extérieur de l’école : centres sociaux). Le deuxième semestre renforcera ce travail de représentation par la création d’un spectacle commun.

Evaluation de la mini-tournée :
La première partie de travail auprès des écoles a donné lieu à un petit spectacle, patchwork de plusieurs histoires et des marionnettes individuelles de chaque enfant.
Ce rendu d’atelier a été présenté dans des contextes différents lors d’une mini-tournée sur un mois : présentation des classes à l’intérieur de chaque école ; présentation du travail d’une école à l’autre école (retour d’invitation) et présentation à l’extérieur des écoles dans les deux centres sociaux des quartiers. Les représentations extérieures ont, à chaque fois, ramené beaucoup de parents, qui ne mettent pas forcément les pieds habituellement dans les centres sociaux.
Les enfants, les parents et les enseignantes étaient contents du travail effectué et du rendu. La deuxième étape qui a pour objectif de créer un spectacle commun avec appropriation d’une histoire (conte, etc.) s’annonce donc sous les meilleurs auspices, chacun souhaitant donner une autre dimension à la manipulation de marionnettes. Un rendu de cette deuxième étape se fera vraisemblablement lors de la Fête de quartier, notamment.

2. Les ateliers du CASH
L’action au CASH (Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers) prend appui sur la richesse potentielle de tout un chacun. En favorisant l’approche des textes, nous établissons des connexions entre les histoires, les parcours des personnages et les échos qu’elles suscitent chez celles et ceux qui se les approprient. Le partenariat avec les Amandiers nous ouvre sur des œuvres par des rencontres. Le fruit de ces rencontres est réinvesti dans les échanges avec le quartier, la Cité.
Avec « Le médecin malgré lui » de Molière, nous traitons le thème des violences faites aux femmes sur le mode ‘‘comédique’’, ce qui apporte une distance. Lors de chacune des présentations (dont deux dans le cadre de la semaine de la femme cette année), les réactions furent à la hauteur de nos attentes. Pour les acteurs, ces manifestations entraînent une reconnaissance qui ouvre sur une dynamique retrouvée. Pour le public, la réaffirmation de droits fondamentaux, fussent ils évoqués sur le mode ludique, passe au premier plan.
Par ces allers retours, nous ouvrons la voie à la mise en commun, au partage d’expériences. Notre travail porte sur la transformation, dimension à la fois éminemment théâtrale et profondément humaine.
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