mardi 15 avril 2008

Semaine du 32 mai 2008

Qui sommes-nous ?

Le Théâtre du Bout du Monde est un collectif d'artistes : metteurs en scène, comédiens, marionnettistes et gens du théâtre. La compagnie, fondée par Miguel Borras, André Bonnet et Philippe Guérin en 1990, est aujourd'hui conventionnée par la Région Île-de-France pour son travail d'appropriation du processus de création théâtrale par les habitants du quartier du Petit Nanterre.

Nous menons une action en continu sur le territoire en reliant les différentes populations du quartier, permettant à des artistes de s'engager auprès d'une ville et d'un territoire dans l'amélioration du «vivre ensemble». Avec cette proposition, culturelle et artistique, la compagnie du TBM entend jouer un rôle moteur sur ce territoire.

Qu'allons-nous faire ?

Du 27 au 32 mai 2008, nous installons un chapiteau sur la Place des Muguets en plein cœur du quartier du petit Nanterre. Notre objectif est de réunir nos partenaires, tant associatifs qu'institutionnels, pour montrer l'aboutissement d'un travail artistique mené sur le territoire (écriture, théâtre, échasses, marionnettes, slam, danse hip-hop).

Il nous est apparu essentiel de créer un évènement marquant les esprits par son originalité.

Tout au long de la semaine vont se succéder sous le chapiteau des créations, petites et grandes, montrant et valorisant les capacités créatrices des habitants et des acteurs locaux du quartier. Le dernier jour est marqué par la présentation de notre création participative, comme point d’orgue à cette semaine festive et artistique.

« Tumultes et murmures » s’est nourri d'expériences menées depuis trois ans en atelier. La manière dont la compagnie développe son travail de sensibilisation et d’initiation artistique a permis de trouver des correspondances entre les histoires de vie amenées par les différentes populations de ce quartier hétérogène et de les intégrer dans la narration de la pièce.

Sont ainsi rapportés les textes et les voix qui se sont exprimés lors de ces ateliers. Nous accompagnons les personnes se sentant prêtes à monter sur scène, créant ainsi une passerelle entre artistes amateurs et professionnels. Le monde onirique et métaphorique de Jean Tardieu (« L'ABC de la vie ») ayant servi de fil conducteur à tous les ateliers, constitue le chœur de l’œuvre. Intégré à l’histoire collective, il la sublime et la transcende.

La priorité de notre action consiste à amener vers l’expression artistique celles et ceux qui dans ce quartier, pour diverses raisons pourraient être tentés par une forme de repli sur eux mêmes. Nous sommes convaincus de l’absolue nécessité de magnifier les richesses propres à chacun, de les placer au cœur de nos échanges sur l’espace public. Il s’agit à nos yeux d’un enjeu de société majeur. Au travers des dimensions éducative, sociale et culturelle, nous dégageons des perspectives communes de production artistique et de réflexion pédagogique, en allant sur le chemin de formes nouvelles mêlant théâtre, poésie, lecture, marionnettes, art de la rue…

Résumé de l'histoire

L’histoire commence par plusieurs naissances superposées : celle de l’Humanité, celle du Mythe et celle de la Tragédie. Du néant, du rien, de l’absence va naître l’espoir de vie et dans le même temps des forces antagonistes. Une rivalité destructrice va les opposer pour finalement devenir productrice de possibles et d’espoir.

Un souffle paisible adoucit alors l’espace-temps de l’histoire, qui nous emmène dans la bulle protectrice de l’enfance fait de découvertes, de questionnements sur le monde, de jeux initiateurs.

Hélas l’adolescence voit ressurgir de vieux démons, des bouleversements de la vie et des repères. Il faudra passer par plusieurs étapes, comme lors d’un parcours initiatique, avant de trouver une issue au chaos, au conflit qui se répète. L’humanité ne peut-elle que bégayer ? Une Reine, issue du chœur fait alors sensation en offrant un dénouement inattendu…

’’Humanité tu es mon paysage

Et comme le vent dans la forêt,

Comme les vagues de la mer,

Le bruit que fait le flot sans fin

De tes paroles éternellement se ressemble

J’ai oublié le sens des mots.

Je ne suis plus qu’un murmure’’ Jean Tardieu

La pièce reprend des principes universels marqués par nos mythologies de société et notre rapport au monde. Cette création retrace les histoires personnelles de chacun en les rapportant à l’histoire collective de l’humanité. Les trois étapes, Naissance, Enfance et Adolescence (symboliquement source, rivière et torrent) nous plongent dans une sorte de genèse où le monde porte un regard sur ses évolutions.

Déroulement de la journée

12h00 - Deux déambulations avec échassiers, l’une accompagnée par la danse afro, l’autre par une batucada, partent de chacune des deux écoles du quartier (Pâquerettes et La Fontaine). Elles convergent vers la Place des Muguets.

12h30 – Premier Acte : la Naissance. Les chœurs des enfants et des adultes d’ici installent les bases de l’Histoire, ponctuée par la danse orientale.

13h30 - Déjeuner festif. Lors du déjeuner des contes sur les origines du monde sont susurrés à l’oreille des spectateurs.

14h30 – Deuxième Acte : l’Enfance. Les aspirations des petits et des grands se croisent. La marionnette y règne.

15h30 – Troisième et dernier Acte : l’Adolescence. L’histoire d’une rivalité entre deux camps, opposés depuis la nuit des temps où le texte est accompagné par des formes artistiques qui se répondent : slam, hip hop, capoeira…

16h30 - L’apothéose RESTE OUVERTE. Elle passe par l’acceptation des différences et la reconnaissance de chaque identité. Le slam permet d’assurer la transition entre l’Histoire et le Réel.

Note de la mise en scène

« Le théâtre doit permettre au spectateur non de s’oublier mais de se retrouver, de s’éveiller à d’autres réalités, de restructurer, d’unifier l’homme. » Artaud

’’Ce spectacle répond à un désir qui m’habite depuis une dizaine d’années : réunir sur un même espace, autour du thème de la connexion transversale, des personnes très diverses qui, portées par un chœur, font converger leurs aspirations.

Avec cette création, j’entends favoriser la "transmission", mot auquel j’adhère car il contient "mission".

‘‘A toute heure sur ce globe qui tourne sans fin

et tantôt reçoit le soleil

et tantôt rentre dans les ténèbres,

un rayon de lumière transfigure ce que j’aime,

et que j’aurais aimé et que je ne connais pas.’’ Jean Tardieu

Ici, j’établis diverses connexions entre différentes disciplines artistiques. Chacune nourrit l’autre de sa singularité. La forme sert le fond, au delà des figures, des vraisemblances.

Que ce soit à travers la musique qui intervient en support, le décor constitué de simples tissus ou les costumes qui symbolisent les contrastes, je cherche à démontrer, ici, les profondes correspondances entre les uns et les autres au delà de leur réalité apparente.

Comment imaginer, mettre en œuvre des stratégies de vie qui permettent de ne devenir ni l’ectoplasme soumis ni l’envahissant histrion ?’’

Philippe Guérin, metteur en scène

Nos partenaires

Centre sociaux et écoles maternelles du quartier, Cash, Maison Daniel Fery, Zy’va, Nahda, GAO, M E, Théâtre des Amandiers, les Noctambules, services municipaux.

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